Retour sur l’appel décisif des catéchumènes
49 catéchumènes ont été appelés dans le diocèse de Séez lors de l’appel décisif le week-end du 28 février et du 1er mars 2026. Les catéchumènes sont toujours plus nombreux chaque année dans l’Orne. Mgr Feillet revient sur ce moment.
Un article rédigé par Mathilde Danot – RCF Orne
Ils sont chaque année plus nombreux à emprunter le chemin du baptême. Dans l’Orne, 40 catéchumènes adultes et neuf adolescents ont été appelés par l’évêque lors de l’appel décisif les samedi 28 février et dimanche 1er mars à Sées et Argentan. À cette occasion, Mgr Bruno Feillet, évêque de Séez, a répondu à nos questions sur RCF.
RCF : L’appel décisif des catéchumènes adolescents a eu lieu à Sées le samedi 28 février et la célébration pour les adultes s’est tenue le dimanche 1er mars à Argentan. Mgr Feillet, comment avez-vous vécu ces moments ?
Mgr Feillet : Pour un évêque, ce sont des grands moments. Avoir de nouveaux baptisés, c’est aussi l’accomplissement de la mission que Jésus nous pose à la fin de l’Évangile. Dans l’Évangile de Matthieu, il dit « Allez et baptisez au nom du Père, du Fils et du saint Esprit ». C’est toujours une joie lorsqu’on a l’occasion d’accomplir notre vocation. On a eu 40 catéchumènes adultes et neuf jeunes adolescents.
RCF : Et les catéchumènes sont chaque année toujours plus nombreux dans le diocèse de Séez…
Mgr Feillet : On est passé de 30 à 40 pour les baptisés adultes. Puis, le samedi de la Pentecôte, nous avions confirmé 50 adultes l’année dernière, ce sera 90 cette année. C’est 80% d’augmentation. […] On s’aperçoit qu’il y a une vraie demande, très diverse et motivée de manière assez unique, même s’il y a des choses communes aussi.
RCF : Est-ce qu’on explique cette augmentation du nombre de catéchumènes ?
Mgr Feillet : Ce n’est pas le fruit d’une campagne de publicité où on aurait mis sur les écrans de télévision « Faites-vous baptiser, vous verrez, c’est formidable ». Les personnes qui demandent le baptême ont des motivations très différentes. Et surtout, je pense que, en raison des violences qui ont été faites par un certain nombre de prêtres, depuis 2021 et le rapport de la CIASE sur les abus dans l’Église, l’Église de France s’est humiliée.
Avec tous les évêques, on s’est mis à genoux à Lourdes pour demander pardon, pardon à Dieu, si possible aux victimes, et en reconnaissant la responsabilité de l’Église. On a accepté d’être une Église humble, humiliée et pauvre. Et ce terreau de pauvreté, je pense que c’est un terreau favorable pour accueillir ces personnes comme un don de Dieu, comme une grâce de Dieu et non pas comme ce que nous méritons. On ne le mérite pas et ils nous sont donnés. Cette grâce qui nous est faite, il faut la prendre au sérieux, c’est une mission. [Les catéchumènes] sont suffisamment nombreux que cela nous oblige à changer nos manières de faire pour les accueillir. Avant, c’était une équipe autour d’une personne et là on est obligé d’avoir une équipe autour de plusieurs personnes, donc ce ne sont plus les mêmes animations. C’est un vrai travail. Mais je pense que nous sommes devenus une église spirituellement pauvre, et c’est ça qui nous permet d’accueillir des gens simples parce qu’il faut être modeste, humble pour demander à être baptisé. Et de fait, ça matche bien comme on dit.
RCF : Vous évoquez l’accueil de ces catéchumènes par les équipes du diocèse. C’est un parcours sur plusieurs années. Comment ça se passe ?
Mgr Feillet : La personne se présente, soit à un chrétien responsable, soit au curé de la paroisse en disant « Je voudrais être baptisé » puis, le parcours dure environ deux ans. Les gens disent « Oh là, c’est très long, deux ans ». Et au bout de six mois, ils disent « Ouh, ça va être court », parce qu’ils s’aperçoivent que l’Église, c’est la Bible, c’est la parole de Dieu, elle fait 2 000 pages. Il ne s’agit pas de l’apprendre par cœur, mais de s’approprier le livre de la révélation. Il y a aussi les relations entre les personnes, tout un vocabulaire, apprendre à prier, apprendre quelques prières comme celle du « Notre Père », de « Je vous salue Marie », partager, rentrer dans une relation de confiance avec une équipe et d’autres personnes qui cherchent Dieu. C’est long et le cœur de l’homme ne s’accélère pas, il faut prendre son temps. Donc ça prend environ deux ans. Je lis sa lettre et sa demande, puis la personne est présentée lors de l’appel décisif au cours duquel je l’accueille. La célébration du baptême est faite pendant la nuit de Pâques.
RCF : Quels sont les profils des catéchumènes du diocèse ?
Mgr Feillet : La moitié sont des jeunes professionnels qui ont entre 20 et 30 ans. Une autre moitié est autour de 45 ans. Ce ne sont pas toujours des gens qui demandent le baptême en étant totalement isolés, parfois ils ont eu une histoire dans leur famille mais ils n’ont pas été baptisés, parfois, ils ont fréquenté des chrétiens, que ce soit leur conjoint, leur compagne ou compagnon, des amis… Ou ils rentrent dans une église par hasard et tombent sur une communauté chrétienne accueillante, ils ouvrent la parole de Dieu alors qu’ils sont dans une épreuve, ça les touche, ils se sentent apaisés. Puis, une fois sur quatre, ce sont les grands-mères. Je le dis : « Mesdames, vous êtes formidables ». Ne désespérez pas des petites paroles, des gestes, des encouragements, des petites initiations discrètes sur le nom de Jésus, que vous avez eu. La pratique de votre foi, elle revient dans la mémoire de ceux qui demandent le baptême. C’est inimaginable. Même après votre mort, votre souvenir vivant fait qu’ils disent dans leurs lettres « Ma grand-mère ceci, mon arrière grand-mère cela… ». Vous êtes très importantes. Et une grand-mère, ça n’existe pas sans son mari. Donc ce sont les grands-pères et les grands-mères, c’est fondamental.
