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Certificat de baptême

Merci Sœur Hélène !

Arrivée dans le diocèse de Séez en 2018, elle y a prononcé ses vœux le 4 octobre 2020. Référente diocésaine à l’écologie intégrale, elle quitte cet été le diocèse, suite au départ de la communauté franciscaine de Bagnoles de l’Orne en octobre 2024. Sœur Hélène Versavel témoigne de ce qu’elle a vécu lors de ses années ornaises.

Quelles missions ?

Ma première mission dans le diocèse a été d’accompagner et coordonner la visite pastorale du monde rural de Mgr Habert en 2018-2019. J’étais adjointe de Thierry à la formation permanente et au pôle annonce de la foi, responsable de la commission Laudato si’ et à ce titre, référente à l’écologie intégrale du diocèse avec frère Emmanuel Derkenne (frère missionnaire des campagnes). J’ai été appelée en soutien à la communication et à partir de début 2020 chargée de mettre à jour Messes Infos. J’ai aussi été appelée à la mission rurale, à l’équipe d’aumônerie du MRJC. Je fais aussi partie du bureau de la diaconie.

Sr Hélène, accompagnée de Jérôme et Fr Emmanuel, de la Commission Laudato Si’ du diocèse, devant le séquoia remarquable de la maison diocésaine, à Sées.

Comme missions plus ponctuelles, j’ai fait partie de l’équipe de pilotage diocésaine du synode sur la synodalité et de l’équipe Séez 2024.

Comment je les ai vécues ?

J’ai eu beaucoup de chance, car toutes ces missions étaient très variées et je pouvais facilement changer de sujet. Cette diversité pouvait parfois amener de la dispersion, et il fallait m’organiser. Mais dans la très grande majorité des situations, il y avait rarement des urgences, et je faisais les choses les unes après les autres.

La visite pastorale du monde rural m’a permis de découvrir le diocèse et de rencontrer de nombreuses personnes. C’était passionnant et j’ai vraiment apprécié tout ce que nous avons vécu. L’équipe de pilotage était très motivée et vivante.

La mission qui m’a pris le plus de temps, c’était l’écologie. J’ai essayé de porter la question régulièrement dans les paroisses ou les groupes que je rencontrais. J’ai surtout beaucoup lu, écouté, visionné.

Jusqu’à octobre dernier, j’étais en communauté avec mes sœurs à Bagnoles. Je sais que mes sœurs portaient ma mission dans leurs prières et surtout elles m’ont beaucoup soutenu par leurs attentions quotidiennes. Sans elles, les partages réguliers sur ma mission, mes interrogations et agacements, je n’aurais sans doute pas vécu les choses de manière aussi sereine.

Des amitiés se sont tissées avec certains collègues ou bénévoles. C’est enrichissant et aidant pour vivre la mission… Mais quand il faut partir, c’est un peu plus compliqué.

Qu’est-ce qui a été source d’espérance dans ma mission ?

La plus grande source d’espérance était de voir toutes les initiatives qui émergeaient un peu partout pour que l’écologie intégrale devienne aussi incontournable que la diaconie, avec laquelle elle est liée de manière explicite par l’encyclique Laudato si’. Les équipes Eglise verte qui se sont lancées, les rencontres locales, diocésaines ou nationales permettent de découvrir tout ce qui se cherche et donnent des idées.

Un grand élan avait commencé fin 2019 lorsque le conseil permanent de la CEF a décidé d’inviter à l’assemblée plénière des laïcs sur la question de l’écologie. Nous avons travaillé 3 ans avec les évêques, ce qui pour nous, référents à l’écologie, était une immense espérance de voir toute l’Eglise en France avancer « d’un même cœur » sur cette question. Malheureusement, le rapport de la Ciase et la lassitude d’un certain nombre d’évêques face à l’écologie a fait que ça n’a pas été très loin. Mais les REI (notre acronyme) lancés n’ont pas lâché, et nous avons continué à nous rencontrer en visio une fois par mois et en vrai une fois par an. Ce réseau reste très vivant et dynamique, force de propositions et d’interpellation dans les diocèses. Chaque mois, nous travaillons un sujet (le cantique des créatures, le monde rural, le CCFD, le désinvestissement des énergies fossiles) et partageons les points importants que nous vivons.

La grande source d’espérance sur la question environnementale était notre Pape François, qui n’a jamais abandonné le sujet, soutenant le mouvement Laudato si’ et ses initiatives, par exemple en participant concrètement au film « La lettre » et en interpelant régulièrement les chrétiens pour qu’ils fassent de l’écologie un sujet central de leurs engagements.

L’espérance reste que nous arrivions à convaincre les chrétiens que l’écologie n’est pas un truc en plus, mais qu’elle doit irriguer l’ensemble de nos missions et actions.

Qu’est-ce qui m’a manqué ?

Le confinement de 2020 puis le départ de Mgr Habert ont mis un coup d’arrêt à la dynamique qui se lançait avec la visite pastorale du monde rural. Le lien avec Laudato si’ et les questions d’écologie intégrale était fait et nous avions commencé à réfléchir aux suites concrètes à donner à tout ça. Pourtant, les liens sont forts avec l’écologie intégrale : cet hiver, une rencontre nationale a eu lieu et nous étions plusieurs référents à l’écologie pour représenter nos diocèses (mais pas que, heureusement !).

Qu’est-ce qui m’a renouvelée ?

La formation « Croire et comprendre Laudato si’ » que j’ai suivie en 2022-2023 au Centre Sèvres à Paris. C’était intense mais cela m’a vraiment permis de faire l’unité entre mon engagement franciscain et celui pour l’écologie. J’ai aussi pu faire le lien et creuser le sens de mon engagement au Secours Catholique, pour lequel j’ai travaillé plus de 10 ans avant mon entrée dans la vie religieuse. Le groupe avec lequel j’ai cheminé cette année-là est toujours en lien et nous échangeons régulièrement des nouvelles. C’était vraiment une formation de fond, suite à laquelle j’ai commencé à travailler, une journée par semaine, pour le label Eglise verte pour l’accompagnement des congrégations apostoliques.

Cet engagement à Eglise verte me permet d’ajouter un aspect à tout ça : la dimension œcuménique. Je travaille avec des collègues protestants, et c’est une grande source d’espérance : nous avons un terrain sur lequel nous n’avons que peu de divergences. Le soin de la création est un lieu de travail commun qui porte beaucoup de fruits. Par exemple, depuis 2 ans, les outils français du temps pour la création sont travaillés en commun avec Eglise verte et le mouvement Laudato si’ qui est catholique.

Ces derniers temps, des discussions avec des paroissiens me laissent espérer que de nouvelles équipes Eglise verte vont pouvoir se lancer dans le diocèse.

La prière pour la création m’aide aussi beaucoup. Chaque jour, je prie la « prière pour notre terre » que le Pape François a intégrée à la fin de l’encyclique Laudato si’.