Histoire de la cathédrale Notre-Dame de Séez.

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Contemporaine de la sainte Chapelle de Paris (construite par Saint Louis, de 1240 à 1248,
pour abriter la couronne d’épines du christ et des reliques insignes de la Passion),
la Cathédrale Notre-Dame de Sées en a l’élégance et la grâce.
"Prodige de pondération des forces par la pureté de ses lignes et sa légèreté,
son choeur est peut-être le chef d’oeuvre du XIII° siècle français" dira Violet le Duc.

Quatre édifices ont précédé cette Cathédrale gothique commencée vers 1210 par la nef
très marquée de traditions normandes et terminée par le transept et le choeur à la fin du XIII° siècle.
Nef normande et choeur français consacrés le 27 septembre 1310 par Philippe le Boulanger,
46° évêque de Séez, successeur de Jean de Bernières tenu pour "gratiosus aedificator ecclesiae sagiensis",
aimable et généreux mécène de l’Eglise qui est à Séez.

Faute de fondations solides, l’église dut, à plusieurs reprises, et ce jusqu’au vingtième siècle,
être sérieusement restaurée pour la consolider. Le choeur et le transept où l’on retrouve
des influences venues d’Ile de France ou de Picardie (Saint Denis, Beauvais, Amiens)
constituent de remarquables exemples du style rayonnant. L’architecte a eu le souci constant
de l’élan et de l’ouverture à la lumière.

Plutôt qu’une Dame, la cathédrale de Sées est gente Damoiselle, promesse et sourire de la vie.
L’élégance et la grâce la caractérisent.
Qu’il y ait neige ou soleil, vierge printanière, elle se dresse au milieu de la plaine,
sertie dans son écrin de forêts, comme une fleur en attente d’éclosion, et ses flèches, de très loin nous font signe.
"...Magnifique vaisseau des XIII°-XIV°siècles dans la plus audacieuse période du gothique,sa plus pure expansion.
La nef s’avance vers le choeur, s’épanouit aux transepts qui sont parmi les plus purs, les plus déliés du XIII°.
Pas d’étages intermédiaires, une décoration basse et tout de suite la montée que rien n’arrête,
le bondissement final, et le choeur, de lumière innondé pleut des rayons..." (La Varende)

Ses roses verrrières sont de prodigieuses tentures reflétant l’invisible.

Rappelant étrangement par l’étagement de ses lignes architecturales
les intervalles musicaux du cinquième mode grégorien, le mode de la ’joie’,
elle dit comme lui l’allégresse et la jubilation.
Comme lui, sur la puissante assise de ses trois tons pleins,
elle appuie sa grâce au demi-ton du triforium
et dans un nouvel élan d’une exquise fraîcheur
s’épanouit, alerte et légère, à la rencontre de l’ogive.

Palais de verre et de mirage, le choeur, de tout son élan,
chante en écho à l’oracle d’Isaïe (ch 60) :
"Tu n’auras plus le soleil comme lumière le jour,
la clarté de la lune ne t’illuminera plus,
mais le Seigneur sera ta lumière éternelle et ton Dieu sera ta beauté..."

L’ histoire de cette rose des prés ?
Dès les premiers évangélisateurs du pays de Sées,
des amis d’Ambroise de Milan dont Martin de Tours
rapportent d’Italie vers l’an 380,
des reliques des frères martyrs Gervais et Protais.
A l’instigation d’une vivante confrérie,
leur culte se propage rapidement et lorsque, au XIII°siècle,
surgit notre cathédrale dédiée à la Vierge Marie,
elle le sera dans le souvenir toujours fervent
de ces deux ’témoins’ qui deviennent ses protecteurs.

Paul Quéinnec



 
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