« Quand Thérèse nous est arrivée, l’Eglise et les vérandas étaient combles depuis bien longtemps avec l’ambiance africaine que plusieurs d’entre vous connaissent ! Notre curé paraissait très ému. La messe a duré plus de 3 h. C’était magnifique !
Dès la fin de l’Office, je partais avec 4 autres membres de l’Aumônerie pour la Prison Centrale. A cette heure matinale (6 h 35) quelques détenus s’activaient et venaient m’embrasser en disant : « ça y est ! ça y est ! on dirait que je ne suis plus dedans. » On m’informa que 4 détenus depuis plusieurs années, non jugés, avaient été appelés au Tribunal et que, à mains levées, on leur a dit qu’ils étaient libres. Ils attribuent leur libération inattendue à Sainte Thérèse, à l’issue de la Neuvaine préparatoire à sa venue.
J’avais appris la veille que Monseigneur avait l’autorisation de venir sans protocole ! Tout cela, c’est signé Sainte Thérèse ! Nous voilà donc à la Prison où nous préparons le lieu destiné à recevoir le Reliquaire dans la cour d’honneur décorée avec nos petits moyens mais c’était beau I Pas de beaux tapis, mais des feuilles de palmiers pour recouvrir le sol. Thérèse aimait la nature non !
Tous les accompagnateurs sont entrés sans problème, à notre grand étonnement. Et avec aucune mitraillette visible, alors que d’habitude, elles sont plutôt braquées vers l’arrivant. Tout le Corps Sécurité Pénitentiaire était déjà en place. Monseigneur s’est trouvé assis à côté du Général responsable de la Prison. Le reliquaire, porté par 6 Agents chrétiens catholiques, en uniforme impeccable, fût déposé sur une table joliment habillée d’un pagne à l’effigie de Ste Thérèse.
Une Agent Colonel a dit le mot de bienvenue. C’est elle qui a pris l’initiative d’aller trouver le Général pour obtenir l’autorisation pour Monseigneur. Il fallait sans doute que ce soit Ste Thérèse qui lui ouvre la grande porte !
Monseigneur a dit et redit aux détenus et à tous les autres qui l’entendaient : « Peu importe. Ce que vous avez fait Dieu vous aime et Il vous envoie Sainte Thérèse pour vous réconforter. Priez bien aussi en demandant à Dieu qui vous aime et à Sainte Thérèse, de changer votre coeur pour qu’à votre libération vous soyez autres ». Plusieurs pleuraient. J’ai osé aller près du Général pour lui demander si les détenus, en allant vénérer Sainte Thérèse, pouvaient aller près de Monseigneur pour le saluer. Il m’a dit : « Oh oui c’est même très bien. »
La vénération était bien organisée et très calme. On avait l’impression qu’il n’y avait plus de garde et c’étaient nous, les membres de l’Aumônerie qui dirigions les déplacements. De mémoire d’homme, du « jamais vu » à la Prison Centrale de Libreville. En tout cas, pour moi, cet événement a dépassé mes espérances. En remerciant le Général, Il me dit : « C’est vous qu’il faut remercier »
Voilà les merveilles de la Petite Fleur de Lisieux, si grande ! »