puce Les Orientations pastorales en vue de l’accompagnement des familles en deuil

Vous avez entre les mains les "orientations pastorales" en vue de l’accompagnement des familles en deuil.
Elles concrétisent un voeu de notre synode diocésain et répondent aux souhaits du conseil presbytéral.
Elles ont été travaillées par l’ensemble du presbytérium, par les équipes deuil des paroisses et par les membres des équipes pastorales.
Nous en sommes redevables, pour une grande part, à l’équipe diocésaine de formation deuil qui oeuvre, chez nous, depuis plusieurs années.
Cet écrit est, à la fois, un document de travail pour les paroisses et un texte de référence afin de mettre en place une pastorale des funérailles qui soit l’oeuvre de la communauté tout entière.
Evêque de Séez, je fais miennes ces ’orientations pastorales’, et j’appelle chacun à les appliquer. Elles constituent des repères pour agir.

Données dans les années 2000 (et encore valables !) par + Yves-Marie DUBIGEON
Evêque de Séez de l’époque.

POUR UNE PASTORALE D’ACCOMPAGNEMENT
DES FAMILLES EN DEUIL.

I. CONVICTIONS THEOLOGIQUES.

1. Une certitude dans la foi.

« Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. Il l’a fait Seigneur et Christ » (Actes 2/32-36) Tel est l’événement fondateur du christianisme. Christ est ressuscité : c’est le cri de notre foi et de notre joie.
« Nous avons été baptisés en Jésus… ensevelis avec Lui dans sa mort ; si nous menons une vie nouvelle à l’exemple du Christ, avec Lui nous ressusciterons » (Rom. 6/3-5)
Dès maintenant, le chrétien fait l’expérience de cette naissance nouvelle qui est à l’œuvre dans sa vie, dans la vie de ses frères et dans le monde.
Déjà Jésus l’avait annoncé à Marthe : « Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ».

La liturgie des funérailles exprime, par la prière et les rites, cette signification chrétienne de la mort : Dieu aime et veut sauver chaque homme : il le fait entrer dans la Pâque de Jésus de manière unique et définitive.
Il y a donc une manière chrétienne d’intégrer et de vivre la mort : dans la catéchèse, la prédication et l’accompagnement des malades, elle doit être exprimée comme une dimension de notre vie.

Cette perspective donne sens aux sacrements de la réconciliation, de l’onction des malades et de l’eucharistie reçue en viatique.

2. Une espérance pour vivre.

Si la mort entraîne des ruptures douloureuses et des séparations souvent révoltantes, elle n’est pas une fin ; elle s’inscrit dans la rencontre avec le Christ, premier-né d’entre les morts
L’espérance d’entrer pour toujours dans la vie et la lumière de Dieu prend forme dans la vie présente : cette rencontre doit orienter notre vie chrétienne et notre conversion personnelle de chaque jour.
Il n’y a pas de dissolution de notre personnalité en Dieu : toute l’Ecriture nous parle de le voir face à face. La vie trinitaire elle-même, source de tout amour vrai, n’est-elle pas pleine communion, sans confusion, entre le Père, le Fils et l’Esprit ?
Cette naissance à la vie éternelle, à travers une séparation sensible d’avec nos frères, est l’entrée dans une communion, mystérieuse mais plus réelle, avec tous ceux que nous avons aimés et qui nous ont précédés auprès de Dieu.
Il est donc essentiel d’orienter notre conscience, dans le respect des limites de ce qui peut être compris, vers cette éternité bienheureuse. Les notions de « lumière » et de « paix », fréquemment exprimées dans le rituel, appellent l’espérance comme le dernier mot à notre désarroi.

3. Une compassion à signifier.

Jésus nous révèle un Dieu de compassion. Il frémit devant une mère et des sœurs endeuillées (Luc 7/13. Jean 11/33). Il pleure son ami Lazare (Jean 11/35).
Marie trace pour l’Eglise ce chemin de compassion. Elle se tient debout au pied de la croix, elle communie, avec les autres disciples, au silence du Samedi Saint, et elle accueille, avec eux, une nouvelle présence dans l’absence sensible.
Saint Paul invite les disciples du Christ à être des ministres de la compassion : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ., le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. Il nous console dans toutes nos détresses, pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont en détresse, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu » (2 Cor. 1/3-4)

II. ENJEUX ECCLESIAUX ET SOCIAUX.

1 Un défi pour l’Eglise.

Notre civilisation, si riche par bien des aspects, éprouve une incontestable difficulté à intégrer la mort dans ses perspectives, ses représentations et ses pratiques. Parce qu’elle remet en cause les valeurs dominantes de notre société : efficacité, réussite, maîtrise de la vie…, la mort est perçue par beaucoup comme un échec. On cherche à la nier ou à la taire.
Et en même temps, commence à apparaître un courant qui redonne à la mort une place dans nos vies. Certains réapprennent l’importance du temps de la mort comme couronnement de la vie. Ils découvrent la fécondité possible du travail de deuil et des cheminements spirituels qui peuvent s’y vivre.

L’Eglise est fidèle à sa mission lorsqu’elle se rend présente à la douleur des familles en deuil :
· en manifestant la valeur de la présence gratuite et de la solidarité dans ces moments de rupture et de dénuement
· en se mettant au service de la dignité humaine, lorsque, dans la durée, elle permet à des personnes affrontées au deuil d’assumer leur souffrance et de trouver des raisons d’espérer et de nouvelles raisons de vivre,
· en exerçant effectivement sa mission de « sacrement du salut », lorsqu’elle révèle la vie nouvelle promise à chacun et à toute l’humanité, à partir de la Pâque du Christ,
· en témoignant de l’espérance en la vie éternelle, lorsqu’elle accomplit les gestes et les paroles de la liturgie pour les défunts,
A des personnes qui expriment les richesses spirituelles de la vie de leur défunt, la reconnaissance qu’ils éprouvent à son égard, la conviction que son œuvre se poursuit à travers les survivants, l’Eglise a pour mission de dire, à la suite de Jésus : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu » (Marc 12/34).

2 Une responsabilité partagée.

Dès le début du christianisme, les funérailles relevèrent, non seulement de la famille et des proches, mais de l’ensemble de la communauté chrétienne. Par sa liturgie et par sa diaconie (visite de la famille et entraide matérielle), la communauté était impliquée dans le deuil de tout chrétien. Dans certaines régions, des confréries ont accompli ce rôle dans un esprit évangélique.
Or aujourd’hui, l’évolution de la vie sociale a défait les liens de cette présence attentive, notamment en milieu urbain.
Il est donc normal et souhaitable que la communauté chrétienne prenne sa place aux divers moments qui marquent le deuil.
Chacune des étapes, à la maison, à l’église, au cimetière, sont des occasions de dialogue, d’écoute, de confiance. En témoignant de sa prière, de sa compassion et de sa foi en la résurrection, la communauté, à travers quelques personnes, devient signe de la miséricorde du Christ.
Souvent, il incombe au prêtre seul d’assumer cette tâche qui s’inscrit bien dans sa mission de pasteur. Il n’est nullement question de lui substituer qui que ce soit. Il s’agit d’élargir une responsabilité, de telle sorte que la célébration des funérailles et la présence auprès des familles soient portées conjointement, comme un acte normal de la vie ecclésiale.





a) Une responsabilité pour les ministres ordonnés.

La rencontre des familles en deuil dans leur diversité est un lieu pastoral important pour annoncer la Bonne Nouvelle. C’est l’occasion d’accueillir des personnes qui n’ont souvent pas d’autre lien avec l’Eglise. La présence du prêtre ou du diacre est là très significative :enracinée dans une longue histoire et dans un inconscient collectif, elle est le signe d’une certaine transcendance.

b) Une responsabilité pour tous les chrétiens.

En même temps, le ministre ordonné n’est pas l’Eglise à lui seul. Et il est soumis à ses propres contraintes : manque de temps, méconnaissance des situations, difficulté à trouver les mots dans certains cas, risque de n’avoir plus aucun contact par la suite avec les familles.
S’il peut être présent aux trois étapes précédemment évoquées, il est souhaitable qu’il ne soit pas seul pour exprimer la présence de la communauté. Pour que celle-ci soit un signe visible de l’Eglise, il est bon que quelques laïcs soient associés à son ministère et le prolongent.
Cet élargissement à d’autres personnes suppose que le prêtre ne se décharge pas de sa responsabilité propre, liée à sa mission d’être signe du Christ-Tête de qui nous vient le salut, et que cette responsabilité soit vécue en confiance avec ceux qui l’entourent.

c) Conséquences.

Au nom de leur baptême et de leur appartenance à la communauté locale, des chrétiens seront appelés à prendre leur place dans une démarche conjointe pour accueillir les familles en deuil
Il ne s’agit donc pas de faire appel spontanément à des personnes pour satisfaire à une nouvelle mode, mais de prendre le temps et les moyens d’un discernement judicieux.
Car on ne s’improvise pas dans l’accompagnement des familles en deuil qui nécessite délicatesse, discrétion et sobre compassion.


III ORIENTATIONS PASTORALES POUR NOTRE DIOCESE.

1. Faisons le point.
Notre Synode diocésain, en 1993, a demandé que soient constituées, dans les paroisses, « des équipes formées pour
l’accompagnement des familles en deuil qui le désirent : préparation et animation des funérailles, accompagnement au cimetière. »
La Loi Synodale 1.1.8 précise : « La célébration sera présidée par le prêtre ou le diacre. » Elle est complétée par la loi 1.1.9 : « Progressivement, on s’orientera, là où c’est nécessaire, vers la célébration des funérailles présidées par un laïc ayant reçu cette charge. » (note : « la décision sera prise par le vicaire général en lien avec l’Evêque selon des modalités qui restent à préciser. »)
Depuis plusieurs années, dans certaines paroisses du diocèse, des équipes se constituent, des laïcs se forment dans l’une ou l’autre des formations diocésaines et prennent leur part dans la préparation et la célébration des funérailles.
Dans un certain nombre de cas, des laïcs de la communauté chrétienne rendent « spontanément » visite à la famille en deuil : membres du « Service Pastoral de Visite et d’Accompagnement », de l’Aumônerie hospitalière, présents lors des dernières étapes de la vie du défunt, voisins, amis, habitants de la même commune (surtout en milieu rural où tout le monde se connaît).
Dans quelques paroisses, des laïcs sont appelés par la communauté chrétienne pour rendre visite aux familles à l’occasion d’un deuil. Ils s’y rendent soit avec le prêtre, soit après la visite du prêtre, soit seuls, envoyés par le prêtre.
D’autre part, certains relais, certaines paroisses de notre diocèse n’ont plus de prêtre résident : des laïcs reconnus par la communauté chrétienne, assurant le lien avec les Pompes Funèbres, visitent la famille et préparent avec elle la célébration.
Dans ces paroisses là, ces mêmes laïcs donnent au prêtre qui vient célébrer tous les renseignements nécessaires pour la célébration. Et, de plus en plus fréquemment, ils assurent eux-mêmes le mot d’accueil.

Enfin, dans la plupart des paroisses du diocèse, les laïcs, en lien avec le prêtre, apportent leur concours pour les chants, les lectures et l’accompagnement au cimetière.
En conclusion, chaque paroisse, chaque relais et chaque aumônerie d’Hôpital a donc une manière particulière de signifier que la communauté porte le souci d’une présence humaine et chrétienne au moment de la mort. Cela tient à son histoire et au profil particulier de chaque communauté chrétienne.

2. Constituer une équipe d’accompagnement des familles en deuil.

A. Sa constitution.
Pour exprimer sa participation, la communauté chrétienne constituera, là où elle n’existe pas encore, une « équipe DEUIL », où ministres ordonnés et laïcs portent ensemble un même souci pastoral.
« L’équipe DEUIL » manifeste comment l’Eglise veut accomplir son ministère de compassion et témoigner de l’espérance et de la foi chrétiennes.
Il semble important que le discernement des personnes susceptibles de faire partie de cette équipe se fasse à plusieurs. L’Equipe Pastorale de la paroisse aura donc le souci d’appeler des personnes choisies pour leur foi, leur disponibilité, leur discrétion, leur qualité d’écoute, leur capacité à travailler en équipe. Elles auront reçu une formation chrétienne et elles participeront à une formation spécifique pour l’accompagnement des familles en deuil.
Les mêmes critères serviront pour renouveler les membres de l’équipe et pour faire l’évaluation.

On aura le souci du suivi de l’équipe. Les personnes, impliquées dans ce service, avec le prêtre, veilleront à se retrouver régulièrement pour faire le point sur leur expérience. On partagera les joies et les difficultés éprouvées par chacun. On verra comment se vivent les rencontres avec les familles, comment celles-ci prennent part à la préparation et à la célébration des funérailles. On repèrera ce qui peut être amélioré. On sera attentif à la manière dont la répartition des tâches est vécue par chacun, selon sa situation et son ministère. On se laissera ensemble questionner par la Parole de Dieu.. On veillera à ce que les personnes sollicitées pour ce service suivent une formation diocésaine ou locale.

B. Sa mission.

Cette équipe veillera à permettre la participation de la famille, des proches et des chrétiens de la communauté, afin de ne pas devenir les uniques spécialistes du deuil.
D’autre part, le curé, avec son Equipe Pastorale, veillera à ce qu’il y ait, dans chacun des « relais paroissiaux », ou chacune des communes, une ou deux personnes, connues des habitants et des Pompes Funèbres, sans que ces personnes soient nécessairement membres de « l’équipe deuil ». Chaque fois qu’il y aura un décès dans ce relais, l’équipe fera appel à elles pour préparer et animer les obsèques avec elles.
« L’équipe deuil » est chargée de représenter la communauté chrétienne. Elle a pour tâche de :

1) Rencontrer la famille et préparer les funérailles.

Lorsqu’un deuil est signalé, un ou deux membres de l’équipe rencontrent la famille pour l’aider à vivre ce temps difficile et à préparer la célébration. Ils seront attentifs à sa peine, à ce qu’elle dit du défunt, à ses réactions devant le deuil, à ses souhaits.
Ils recueilleront les informations que pourront leur apporter les membres du S.P.V.A. et de l’équipe d’Aumônerie.

Ils préparent la célébration avec la famille et les proches du défunt :
· Choix de lectures appropriées : textes de la Parole de Dieu et, éventuellement, textes non bibliques,
· Manière de faire mémoire de la vie du défunt dans le mot d’accueil et à d’autres moments,
· Intentions de prière universelle,

· Gestes ou lectures qui peuvent être proposés aux membres de la famille, à des voisins ou des amis, sans oublier les enfants.
Si le ministre ordonné n’a pas vu la famille, les membres qui l’auront rencontrée lui transmettront tout ce qui pourra l’aider pour la célébration.

Quand le défunt doit être incinéré, l’équipe insistera pour que la célébration à l’église ait lieu avant l’incinération. Ainsi sera signifiée la dignité de ce corps appelé à ressusciter ; ainsi la famille et les proches seront aidés à vivre la séparation par des étapes successives. (note 1) (voir aussi l’additif 3).

2) Participer à la célébration des funérailles.

L’équipe peut prendre en charge, en accord avec la famille, les prières à la maison ou au funérarium, l’accompagnement au cimetière et animer la célébration en lien avec les différents acteurs de la liturgie

* A la maison et au funérarium.

Les membres de l’équipe, ministre ordonné ou laïcs, peuvent proposer un temps de prière auprès du défunt avec la famille et, éventuellement, les voisins, les amis…
Ils peuvent également proposer des textes qui permettront aux membres de la famille de prier quand ils le désirent, et en particulier au moment de la fermeture du cercueil.
Ils peuvent proposer d’accompagner la famille au funérarium et y vivre un temps de recueillement et de prière. Ce temps est à distinguer de la célébration des funérailles.
Il est bon de rappeler que, pour les baptisés, le lieu privilégié de la célébration chrétienne est l’église, lieu de baptême et de rassemblement de la communauté qui célèbre le mystère pascal. Cette préférence sera rappelée aux Pompes Funèbres et aux familles.
(Voir additif 4 sur les chapelles d’hôpitaux)


(1) Cf. le Directoire canonique et pastoral pour les Actes administratifs des Sacrements (1994). Annexe 10 (p.297 et 298).
10.
* A l’église.

Le visage de l’Eglise donné aux inhumations doit être celui d’une communauté de croyants.
La célébration des funérailles est liée à l’Eucharistie qui est le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ. Cependant on évitera de célébrer l’Eucharistie si l’on pressent que l’assemblée et la famille sont loin de ce sacrement. Dans ce cas, elles seront invitées à venir prier pour le défunt lors de l’Eucharistie un prochain dimanche ; et lors de chaque assemblée dominicale, on priera pour les défunts de la semaine.
Une célébration de la Parole ou une célébration eucharistique manifestent un égal respect pour le défunt. Elles sont célébrées avec la même dignité.








Au cours de la célébration, les membres de l’équipe participeront activement de différentes manières. Par exemple, l’un ou l’autre membre de cette équipe peut :
· accueillir la famille,
· accueillir le cercueil à l’entrée de l’église avec le ministre ordonné
· prononcer le mot d’accueil,
· assurer les lectures lorsque les proches ne le feront pas (textes bibliques et non bibliques, prière universelle),
· animer les chants,
· apporter l’offrande à l’autel,
· donner la communion avec le prêtre en cas de grande participation,
· proposer à la famille et aux proches des gestes symboliques.
· assister le célébrant lors du dernier adieu,
· bénir le corps après le ministre ordonné…

* Au cimetière.

Il est important que la communauté chrétienne, par un de ses membres, accompagne le défunt et sa famille au cimetière. Cependant on aura demandé au préalable à la famille si elle y souhaite cette présence de l’Eglise. Dans ce cas, le célébrant pourra présenter le laïc qui accompagnera la famille au cimetière
Si la famille exprime le souhait d’y être seule, l’équipe peut lui proposer des textes de prières.
L’équipe peut signaler aux Pompes Funèbres et à la famille que la bénédiction ayant lieu à l’église, il n’est pas opportun de la réitérer au cimetière (sauf si la célébration a eu lieu dans une autre commune). L’équipe peut proposer d’autres gestes : poser la main sur le cercueil, s’incliner, jeter de la terre ou des fleurs…

3) Assurer un suivi des personnes en deuil.

Chaque paroisse verra comment il est possible, après l’inhumation, d’assurer une présence auprès des personnes en deuil ; et, dans ce cas comment proposer formation et suivi psychologique à ceux qui assureraient cette mission. On peut au moins visiter la famille, après la célébration, pour apporter les textes qui y ont été lus.
On pourra aussi proposer des textes de prière pour les personnes qui retournent en pèlerinage sur la tombe des leurs.
Le 2 Novembre, jour de commémoration de tous les défunts, ou un jour proche, une messe sera célébrée à l’intention des défunts de l’année. Les familles auront été informées par une lettre ou une visite. Chaque communauté trouvera les gestes symboliques à proposer aux familles.

3. Au sein de cette équipe, mandater un laïc.

Il est nécessaire, dès maintenant, de nous orienter vers la célébration des funérailles animée par un laïc ayant reçu cette charge.



En cas d’empêchement, le prêtre responsable demandera à « l’équipe deuil » d’assurer seule la célébration qui sera « dirigée » par un membre de l’équipe. (note 2)
En ce cas, on veillera au préalable à expliquer à la famille pourquoi un prêtre ou un diacre ne peuvent être là ce jour et pourquoi un laïc a reçu cette mission.
Au cas où, pour une raison personnelle, amitié ou lien familial, un prêtre viendrait de l’extérieur et présiderait la célébration, l’équipe du lieu reste responsable des obsèques. Le prêtre devra donc prendre contact avec elle pour harmoniser leurs interventions respectives. La raison de sa présence, et éventuellement celle d’autres prêtres, sera mentionnée au début de la célébration.
Après réflexion avec les Conseils Pastoraux et les Equipes Pastorales, et sur leur proposition, les personnes appelées à « diriger » les célébrations recevront, pour un temps limité et renouvelable, une lettre de mandat de l’Evêque.
Dans une « équipe deuil », les laïcs mandatés ne sont pas « les spécialistes » ; ils participent par leur responsabilité à la charge pastorale du prêtre, au service de la communauté chrétienne.
Même si un laïc dirige la célébration des funérailles, toute l’équipe participe à l’animation : c’est toute la communauté qui célèbre.

Additifs.

1) Information.

Le diocèse d’une part, et les paroisses d’autre part, veilleront à informer de ces dispositions :
· Les services des Pompes Funèbres, à qui seront transmis et présentés dépliants et feuilles d’information, afin que les intentions de l’Eglise soient bien comprises et que les célébrations se déroulent, selon le rituel, dans l’esprit de l’Eglise.


2) Document de l’Episcopat n°13-14 (Septembre 1997). Annexe Chapitre V p.38, note 9

· L’opinion publique, par les journaux paroissiaux « toutes boîtes » ou des dépliants, pour que la délégation soit bien comprise, non comme un remplacement systématique des prêtres et des diacres par les laïcs, mais comme une façon d’assurer, dans cette situation nouvelle, un véritable service d’Eglise.

4) Evaluation.

Il est souhaitable que le diocèse fasse une évaluation de sa pratique dans trois ans. La situation pastorale aura changé et un nouveau Rituel des funérailles aura été promulgué.

5) Incinération.

Depuis le 19ème siècle, la pratique de l’incinération prend de plus en plus d’extension dans notre pays. L’Eglise, depuis 1963, a levé son interdiction expresse, à condition que ce choix ne manifeste pas une mise en cause de la foi en la résurrection des corps (note 3). Elle accueille donc, avec un grand respect, et elle accompagne les demandes de célébration pour les personnes qui seront incinérées, même si elle maintient sa « préférence pour la manière dont le Seigneur lui-même a été enseveli »
Par ce choix, elle défend les dimensions profondes de la personne humaine, sa dignité dans sa vie corporelle, sa mort et l’au-delà de sa mort. Elle affirme que les rites qui marquent l’inhumation sont liés à la dignité de la vie humaine, qui vient de Dieu, qui a fait de notre corps le temple de l’Esprit Saint par le Baptême (Rom. 8/11). Elle a conscience aussi que faire disparaître rapidement le corps en le réduisant artificiellement en cendres risque de ne pas aider les personnes à entrer dans le lent processus du deuil.

6) Chapelles d’hôpitaux.

Des familles demandent la célébration d’inhumations dans des


3) Code de Droit Canonique (1983) 1176 §3
Catéchisme de l’Eglise Catholique 2301

chapelles d’hôpitaux. On les aidera à exprimer les motivations de ce
choix. Dans les services de gériatrie ou de « long séjour », cela peut permettre aux autres résidents de se joindre à la démarche de deuil de la famille. Mais s’il s’agit de personnes marginalisées par les difficultés économiques ou sociales ou par le handicap, la célébration dans l’église paroissiale peut être l’occasion, pour la communauté chrétienne, de signifier la dignité des plus pauvres. On veillera à expliquer à la famille ou aux responsables que le manque d’argent ne doit pas motiver leur choix.

7) Liens avec les Aumôneries et le S.P.V.A.

Il serait bon que les équipes d’aumônerie hospitalière et de S.P.V.A. qui auront accompagné des personnes en fin de vie et leur famille veillent à informer « l’équipe deuil » de ce qui aura été vécu.
Ces équipes d’aumônerie auront à cœur d’acquérir elles-mêmes une formation à l’accompagnement du deuil.

L’accompagnement des familles en deuil ne se réduit pas à l’accompagnement de ceux qui restent. Dans la tradition de l’Eglise, il comporte aussi la prière pour ceux qui sont partis.
Chez nous, au diocèse de Séez, l’oeuvre Notre-Dame de Montligeon, selon l’intuition de l’abbé Paul Buguet, qui la fonda au siècle dernier, est un lieu qui veut, à la fois, entretenir ce souvenir des défunts et porter l’espérance des vivants. Façon de vivre ’la communion des saints’ et d’aider aujourd’hui la réflexion sur ’l’homme et sa destinée éternelle’.