puce Le culte eucharistique en dehors de la messe

Comment prier ? Et comment l’Eucharistie peut-elle nous y aider ? Une vingtaine de personnes se sont retrouvées, samedi 19 janvier, pour échanger sur quelques aspects relatifs à la prière en présence du Saint Sacrement dans leurs paroisses. Les pratiques
y sont diverses, et les réactions souvent passionnelles…

Une forme de prière

De nombreux textes du magistère encouragent cette forme de prière, tout en y apportant des repères et des points d’attention, bien repris dans les préliminaires au Rituel du culte eucharistique
en dehors de la messe. Il est important de s’y référer car, mettre en jeu l’Eucharistie, c’est toucher au Mystère de Dieu, de l’Église, et de la vie spirituelle…
Le culte eucharistique en dehors de la messe s’est développé au Moyen-âge dans un contexte de remise en question de la présence eucharistique. Le besoin de voir, de vénérer, de faire
silence s’est alors développé.
Mais au 20e siècle les théologiens ont contribué à recentrer le culte eucharistique sur l’action liturgique, avec une participation active des fidèles.
Depuis les années quatre-vingts on assiste à un nouveau développementde cette forme de prière : besoin de prolonger l’action par la contemplation, la parole par le silence, la dimension communautaire par la dimension personnelle, d’organiser la prière par un rapport privilégié au Christ.

Ne pas isoler chacun des signes

Anne de Gouville, responsable du service diocésain de la formation, a souligné comment les chrétiens ont des accents théologiques et spirituels différents : si les Catholiques ont
un rapport étroit à l’Eucharistie, les Protestants sont très attachés à la seule Écriture, et les Orthodoxes cultivent un rapport dévotionnel aux icônes.
Le Concile Vatican II a d’ailleurs rappelé que la présence du Christ ne se réduit pas à l’Eucharistie : « Le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice
de la Messe, et dans la personne du ministre (…) et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. (…) Il est là présent dans sa
parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les
psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20) ». L’enjeu est certainement
de ne pas isoler chacun de ces signes.

Ne nous en privons pas

Mgr Jacques Perrier, évêque de Lourdes, a, sur ce point, parfaitement mis en lumière la question en écrivant : « L’adoration eucharistique me semble
aujourd’hui opportune pour caractériser la spiritualité proprement chrétienne. La prière chrétienne estsous le signe du dialogue, du face-àface, de l’alliance. L’union n’est pas l’anéantissement du croyant. Le voyage vers l’intérieur n’est pas la recherche des énergies spirituelles qu’il suffirait de libérer. Or, nous
savons la séduction de ces méthodes d’intériorité, plus psychologiques que proprement religieuses. L’adoration eucharistique n’est pas la panacée. Elle comporte sûrement ses dangers,
du moins ses limites. Mais elle est une piste praticable, en particulier par les jeunes et tant de gens qui disent « ne pas savoir prier ». Ne nous
en privons pas. Ne les en privons pas. »


Père Olivier Prestavoine
(Pastorale liturgique et sacramentelle)

Diocèse de Séez