Un monde en quête de spiritualité et de repères
Face aux défis de notre temps, il est nécessaire de discerner les questions posées aux chrétiens pour que l’Évangile soit entendu de nos contemporains. C’est bien le problème soulevé au
cours du rassemblement Ecclesia 2007 : comment transmettre le message ? Comment faire découvrir et accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ? Cette réflexion préalable est nécessaire si l’on veut comprendre pourquoi la vie consacrée n’est pas devenue inutile, bien que relayée aujourd’hui par de multiples services sociaux. Elle revêt même une nouvelle urgence, en raison d’un déficit au niveau de l’attention aux personnes, mais aussi en réponse à la quête de spiritualité
et de repères dans un monde en croissance.
À l’occasion de la rencontre annuelle du Service diocésain des vocations, une jeune femme a dit pourquoi elle avait fait le choix de la vie monastique. De même, nous avons pu constater à quel point l’intuition du Père Bazin, fondateur de La Miséricorde, a été assimilée par des femmes qui vivent sous d’autres latitudes, dans d’autres cultures, et de quelle manière le charisme
de la Congrégation a été accueilli par des laïcs, au service de la mission commune : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ».
Face aux défis de notre temps, l’engagement religieux
À l’occasion du deuxième centenaire de la Congrégation de Sainte Marie- Madeleine Postel, Mgr Lalanne, évêque de Coutances et Avranches,
montre que de tels événements sont « une occasion privilégiée d’approfondir la signification de la vie religieuse aujourd’hui, comme réponse
à la recherche de sens de la vie humaine… Par exemple, l’obéissance est un clair rejet de l’image du moi autonome, solitaire et désengagé ;
la pauvreté est le renoncement à la compétition pour le succès et à la foire d’empoigne de la société de consommation ; la chasteté est une
manière d’accepter que la fécondité la plus profonde que nous puissions avoir est celle du Dieu créateur qui ressuscite les morts ».
Ainsi ces hommes et ces femmes qui vivent, parmi nous, la radicalité de l’Évangile apportent-ils, souvent à leur insu, une aide précieuse aux
chrétiens appelés, eux aussi, à suivre le chemin des conseils évangéliques.
Ce n’est pas sans lien avec le succès remporté par les jubilés de vie religieuse : à travers une vie de dévouement, de prière, de fidélité, se manifestent, en transparence, la fécondité d’une alliance d’amour avec « Celui qui a fait sienne la cause de l‘homme » et, pourquoi pas, un appel à
relever le flambeau.
Avec des moyens pauvres
Aujourd’hui, les moyens sont pauvres, mais cette pauvreté stimule la recherche d’une entraide à travers fédérations, unions, fusions. Ces liens entre congrégations ouvrent de nouveaux horizons vers d’autres continents. Des visages nouveaux
apparaissent dans nos villes et villages, soit pour prendre un relais, ainsi bientôt en Alençon, soit pour un temps de formation. Des laïcs désirent vivre du charisme d’une Congrégation, dans le concret de leurs activités
séculières, au sein d’une famille religieuse.
Le 2 février, nous aurons à coeur de prier pour que continuent de surgir dans nos communautés des vocations à la vie consacrée, cette « mémoire évangélique de l’Église ». Demeurons attentifs à ces formes nouvelles que suscite l’Esprit, au sein
de nos églises, afin qu’avec leur contribution « la Bonne Nouvelle soit annoncée aux pauvres » et que soit révélé, dans sa richesse inépuisable, Celui qui est « lumière pour éclairer
les nations païennes ».