puce A la découverte de notre nouvelle maison

Plus de 900 ans d’histoire nous précèdent dans le nouveau séminaire que nous avons intégré en septembre dernier. Nous en retraçons ici les grandes lignes.

Dans le cadre de notre nouvelle installation à Saint-Gilles, nous ne pouvons ignorer que nous arrivons dans un lieu où la présence religieuse remonte à plus de 900 ans…

En effet, c’est vers 1059 qu’est fondée l’abbaye bénédictine de la Trinité de Caen par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre, et son épouse Mathilde de Flandres. Dès le 18 juin 1066 est célébrée la dédicace de l’abbatiale consacrée à la Sainte Trinité (Saint Gilles étant le nom de l’église paroissiale qui lui était adjointe, dont il ne reste que quelques vestiges). Le 1er novembre 1083, la reine Mathilde y est enterrée et on peut encore voir aujourd’hui son épitaphe gravée sur une dalle de marbre noir dans le chœur de l’église. Si la Guerre de Cent Ans fut relativement peu néfaste à l’abbaye, il n’en fut pas de même des guerres de religion : pillages et profanations endommagèrent les bâtiments et nécessitèrent une restauration aux 17e et 18e siècles. L’abbaye bénéficia alors, comme beaucoup d’autres monastères bénédictins, de la réforme dite de Saint-Maur qui nous permet d’admirer aujourd’hui les très sobres bâtiments classiques, dont une aile n’a jamais été réalisée faute d’argent. Dans les dernières années du 18e siècle, il faut mentionner parmi les pensionnaires que reçoit l’abbaye pour leur éducation, Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont (1768-1893), d’une ancienne famille noble originaire du diocèse de Séez, que l’histoire retiendra sous le nom de Charlotte Corday pour avoir assassiné le révolutionnaire Marat. C’est à cette époque tourmentée que les religieuses sont dispersées et l’abbaye vendue comme bien national. L’abbatiale souffrira également beaucoup de l’installation en 1809 du dépôt de mendicité du Calvados. En 1821, l’abbaye devient l’Hôtel-Dieu de Caen tenu par des chanoinesses de Saint Augustin et, à partir de 1865, l’église est partagée entre la paroisse Saint-Gilles et le chœur réservé aux religieuses, ce qui sera l’occasion de bien des conflits de cultes, la cloison entre les deux n’étant pas très élevée ! Au début des années 80, le Conseil régional de Basse-Normandie décide d’acheter l’ensemble des bâtiments pour y installer son siège. Encore un mot à propos de la maison où nous sommes installés : il s’agit du palais abbatial achevé en 1702 par l’abbesse Gabrielle-Françoise de Tessé de Froulay. Si elle nous apparaît aujourd’hui intérieurement dans sa simplicité toute moderne – mis à part les deux beaux escaliers de pierre –, cela est dû à la restauration récente qui en a supprimé les parquets « à la Versailles » et les boiseries moulurées d’époque Louis XV…

Quoi qu’il en soit, nous pouvons nous enorgueillir de chanter chaque jour l’Office des Heures dans une splendide abbatiale romane (est-il beaucoup de séminaires qui puissent jouir d’un tel lieu ?) et nous y inscrire dans la suite de très nombreux priants.

Henry de Sainte Preuve

Séminaire st Jean Eudes.