2010 : Soeur Marcelline nous a quittés voici quelques semaines... Elle a profondément marqué tous ceux qui l’ont connue, notamment dans la région de Briouze... Témoignages recueillis dans "L’Eglise dans l’Orne" de février 2010...
Mgr Boulanger : Le grain de blé planté en terre
Au nom du Diocèse de Séez, je tiens à témoigner de ma profonde reconnaissance à Soeur Marcelline et à la Congrégation des Filles du Saint- Esprit. Personne, dans le diocèse, ne peut oublier le sourire, la disponibilité, la confiance et la foi de Soeur Marcelline. À Briouze et au-delà, par sa mission de coordinatrice de l’équipe pastorale, par sa présence active auprès des enfants et des jeunes, elle a été
le grain de blé planté en terre. Elle s’est unie, par l’offrande de sa vie, à la Passion du Christ, plus particulièrement en cette année. Que le Christ ressuscité féconde de sa présence, cette terre bretonne et ornaise qu’elle aimait tant.
Marie-Thérèse Le Floch : Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même
Née en 1938, à Muzillac, Marcelline restera très attachée à ses racines morbihannaises et à sa famille.
Quand l’appel à la vie religieuse s’est fait sentir, elle rejoint, en 1952, l’école apostolique de Sainte Anne d’Auray. Elle y découvre avec émerveillement l’Évangile des Béatitudes et son message de bonheur ; d’où peut-être cette joie qui l’habitait et rayonnait d’elle. Fille du Saint-Esprit, à Saint-Brieuc, elle fait Profession en 1960. Elle poursuit alors des études d’infirmière. Femme passionnée du Christ, femme de prière et de
contemplation elle aimait la spiritualité de sainte Thérèse, en qui elle avait une grande confiance. Elle aimait sa Congrégation, soucieuse d’en faire connaître l’esprit, et d’en partager le charisme. Au moment de sa retraite professionnelle, en 1998, elle est envoyée à Briouze, au service de la Paroisse Notre-Dame
du Houlme. Elle s’y est donnée sans compter, durant 11 ans avec ardeur, passion, et un zèle pastoral débordant. Elle savait ce qu’elle voulait, toujours pleine d’idées et de projets, sur tous les fronts, généreuse, dynamique, exigeante pour elle-même et pour les autres. Elle a vécu à fond, jusqu’au bout d’elle-même. « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », disait sainte Thérèse de Lisieux. […]
L’équipe pastorale : Tu as été un stimulateur
Marcelline, tu as été un stimulateur, ayant le souci du devenir de la paroisse, tu nous as mis en marche pour que la Bonne Nouvelle continue d’être annoncée à tous, à travers les mouvements et les services.
Tu as su nous soutenir dans les moments difficiles et de découragement, notamment dans nos partages de Bible, alors que nous étions tentés de baisser les bras ; là tu nous rappelais que, « quand deux ou trois personnes sont réunies au nom de Jésus, Dieu est présent ». Tu avais conscience que toute personne, même en dehors de l’Église, a des valeurs et des compétences, et tu nous invitais à les solliciter car chacun collabore à sa façon à la construction du Royaume.
Des catéchistes : Appeler, mettre en route
Face à la lourde tâche qu’est la catéchèse, Soeur Marcelline ne ménageait pas sa peine : « elle courait pour son Dieu ». Elle savait pour cela appeler, mettre en route. […] Elle était heureuse de voir la présence des enfants et des parents et avait le souci de leur proposer une pédagogie active pour qu’ils trouvent leur place. Pour elle, il était important que notre action soit visible. La transmission de la foi passe par le témoignage. […] Rien n’était trop beau pour son Dieu ! Elle était perfectionniste, exigeante… mais était capable de s’émouvoir devant un mot d’enfant, une attitude.
Père Philippe Pottier : quelques passages de l’homélie à Briouze : Femme d’action et femme de contemplation
Il est bon de nous mettre à l’écoute du « Verbe fait chair », celui qui est « la Vie et la lumière des hommes » comme aime à le contempler Saint Jean. C’est bien en Lui que nous pouvons le mieux saisir le secret de la vie de Soeur Marcelline. Il a été son compagnon de route, son bonheur qui illuminait, de l’intérieur, sa vie. Combien de fois, seule, en communauté, en paroisse, avec des enfants et des jeunes, ne s’est-elle pas mise à l’écoute de cet Homme au coeur de feu ? « Jésus qui m’a brûlé le coeur…que le feu de ton bonheur, à d’autres, prenne ». […] Marcelline, une femme enracinée dans la Parole, dans la vie de prière. En communauté, au rythme de la liturgie des heures avec cette prière des psaumes ; en paroisse ou en d’autres lieux, elle s’est nourrie de la Parole de Dieu. Elle était à la fois femme d’action et femme de contemplation. « Il n’y a pas pour nous de mission sans adoration, sans l’appel à l’Esprit ». …]Marcelline a travaillé en équipe, attentive à oeuvrer en lien avec l’Église diocésaine. Bien entendu, de par sa responsabilité de coordinatrice, elle a dû parfois prendre des décisions exigeantes en ce temps de mutations pour notre Église. Il lui a fallu parfois (souvent ?) tirer en avant face aux pesanteurs, aux forces d’inerties. Il lui a fallu savoir aussi reculer quand cela ne suivait pas ! Elle a vécu tout cela avec générosité, détachement, sans « esprit de pouvoir ». […]